Bordeaux vu par M Pascal Loridon
Voici les commentaires recueillis lors de mon récent entretien avec M. Pascal Loridon, directeur marketing du CIVB au dernier salon des vins de Bordeaux qui se tenait à Montréal.
Le but recherché avec les quelques questions posées était de recréer en quelques instants une image actuelle du vignoble bordelais et de ses préoccupations présentes.
Selon vous, quels sont les points dignes de mention sur l’évolution à moyen terme du vignoble bordelais? Des appellations? Des vignerons? L’étendue du vignoble?« La mutation que l’on observe en ce moment concerne les vignobles situés dans les côtes(de Bourg, de Blaye, de Franc, de Castillon et de Bordeaux-Saint Macaire). Ces vignobles se regrouperont sous l’appellation première « côtes de Bordeaux » mais avec des notions de village. »La revalorisation de ces appellations nécessitera un travail de trois ans.
De nos jours, on observe une disparition des plus petits vignobles; les propriétés d’environ un hectare ont tendance à disparaître par manque de succession, dans la plupart des cas. La superficie moyenne des vignobles évolue alors autour de 16 ha alors qu’elle était de 7 ha, il y a 15 ans.
M. Loridon me disait à la blague que si l’on voulait planter plus à Bordeaux, il faudrait détourner les autoroutes ou planter dans les marécages… « Avec 700 millions de bouteilles par an sur 12 000 ha plantés et 2.5 % de la production mondiale, nous misons sur une approche qualitative de nos produits pour valoriser notre région et faire face à la compétition. »
Et d’ailleurs, que pensez-vous des rapports qualité/prix vs cette compétition internationale?« Bien sûr il y a les grands crus et ça c’est un autre débat. Mais en ce qui concerne les classiques, nos vins bordelais ont un super rapport qualité/prix : nos vignerons ont acquis à travers les âges une maîtrise des cépages et des terroirs. Ils savent soigner la vigne dans un grand respect. L’histoire et ce que sont les vins de bordeaux font que ce que l’on retrouve dans le verre est très abordable en comparaison de plusieurs vins d’ailleurs. »
Bilan Carbone« Nous établissons en ce moment un bilan carbone à Bordeaux. Nous révisons les transports des fournisseurs, que ce soit transport en voiture, en avion etc. pour rationaliser l’émission de CO2 et arriver à mieux protéger notre terroir. Nous sommes chanceux d’avoir reçu ces cadeaux que sont notre sol et nos conditions climatiques idéales, maintenant il faut les protéger! » Ce bilan, en devant être terminé le 19 novembre 2008 reflète notre souci d’une une approche qualitative nécessaire au positionnement international des vins de Bordeaux.
Que pensez-vous d’Internet comme outil de commercialisation?« Bien sûr ce média est en forte croissance et, comme dans d’autres sphères d’activités, il y a des gens qui savent s’en servir et d’autres, pas! Un éditeur allemand me disait dernièrement que le nombre de pages de sa revue était passé de 200 à 150 mais que celle-ci servait de liens avec différents blogues et sites Internet. Dans d’autres pays d’Asie, on utilise Internet pour promouvoir dans des proportions qui se situent entre 50 et 100 %. L’imprimé perd de l’espace, la télévision est interdite pour produire de la publicité dans la plupart des pays et la radio reste stable mais peu utilisée. Avec la multiplication des sites, on peut depuis environ 2 ans, mieux cibler notre consommateur visé. » Dans le jargon des professionnels marketing, on appelle ça de la « gestion de communauté! » « L’éducation est le mandat principal de notre site qui est maintenant traduit en cinq langues. » Comme quoi l’information qui respecte l’intellect du lecteur autant dans le rythme que dans sa substance représente un choix éclairé pour celui qui livre l’information!
Remerciement : M.
Pascal
LORIODON
Entrevue :
Nicolas
ROY
http://www.bordeaux.com/